[audio] Chronique #7 : souvenirs réels vs souvenirs virtuels

Voilà pour ceux qui n’ont pas pu l’écouter, ma 3e chronique radio de l’année dans Place de la Toile sur France Culture. Le sujet du jour (pour ceux que ça intéresse) : une comparaison entre les souvenirs issus du monde réel et ceux issus des univers virtuels.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques sur le fond ou la forme. 😉

Vidéo Dailymotion d’origine supprimée.

Chronique #7 : souvenirs réels vs souvenirs virtuels
envoyé par tristao

Et vous, vos souvenirs virtuels, vous les percevez comment ?

4 réflexions au sujet de « [audio] Chronique #7 : souvenirs réels vs souvenirs virtuels »

  1. Les souvenirs virtuels sont mathématiquement appelés à occuper un volume croissant de la conscience humaine (du simple échange e-mail à une virée dans Second Life en passant par les soirées Tchat).
    Cependant, par essence, les souvenirs virtuels se caractérisent par plus d’évanescence et moins de réminiscences que les souvenirs réels. Cette restructuration prochaine de la mémoire humaine vers le souvenir virtuel possède alors un effet ambigu:

    – l’homme étant construit sur un passé mémorisé, une virtualisation de ce dernier peut se solder à terme par une altération et un affadissement de la personnalité humaine (réelle)

    – mais dans le meme temps, une déréalisation du souvenir a le mérite d’épargner la douleur propre aux souvenirs réels, avec de prime abord effet positif sur la psychologie.

    Deux effets anthropologiques de sens contraire donc

  2. C’est la même chose pour les livres ! Il y eut une génération à qui l’on a dit : « Sors de ta chambre, arrête de lire, ce n’est pas sain », nous l’avons oublié…
    Les souvenirs littéraires et les souvenirs réels sont, pour ceux qui lisent, entremêlés d’une manière telle que certains (avant, avec, et après Proust) ont osé dire : « La vraie vie, c’est la littérature ». Cet éternel besoin de second life en somme.

  3. Heureusement, on rencontre dans le monde virtuel moins de déceptions que dans le réel.
    J’y ai trouvé un autre avantage : la possibilité de m’adresser aux autres sans les déranger. Il y a des gens à qui je n’oserais pas téléphoner sans me demander si mon coup de fil ne tombe pas au mauvais moment. Avec une messagerie Internet, le problème est résolu. Je laisse un message, le destinataire ouvrira (ou n’ouvrira pas) au moment qui lui convient. Je ne l’aurai pas interrompu avec une sonnerie intempestive, il n’aura pas de raison de maudire mon intrusion dans ses activités.
    C’est peut-être un nouveau savoir-vivre à l’usage de notre temps.

  4. Peut-être que le souvenir virtuel n’est pas aussi « étoffé » que le souvenir réel?
    C’est le sentiment que j’ai eu en tout cas lorsque j’ai rencontré des personnes « en vrai » après les avoir connues sur internet, de même que pour les souvenirs (parfois excellents en effet) que j’ai pu éprouver par le biais du tchat (chuis pas très joueuse).

    Pour les rencontres, même si certaines d’entre elles ont perduré, le point de départ s’est fait avec des sens en moins (même si ceux-ci sont sans doute « compensés » par le cerveau), et personnellement, j’ai toujours éprouvé une différence entre les rencontres réelles et virtuelles, et je me suis aperçu par le biais de ta chronique que j’ai la même impression s’agissant des souvenirs. Non que les secondes soient artificielles à proprement parler: les émotions existent; mais il reste que leurs fondations reposent sur d’autres choses que les cinq sens, et s’en trouvent de ce fait moins solidement ancrées(ce qui n’interdit pas de les renforcer au cours d’une relation par la suite).

    C’est le nombre inférieur de sens en prise avec le réel sans doute qui fait dire à certains que le souvenir virtuel est moins pertinent ou moins riche; personnellement je le vis comme agréable (ou non d’ailleurs), mais un peu moins étoffé, ce qui leur confère à mes yeux une place différente (j’ai toujours eu du mal d’ailleurs, à mélanger les supports des souvenirs virtuels à ceux des souvenirs réels; mais je ne considère pas qu’ils sont moins importants pour autant).
    Le souvenir lui-même, qu’il soit basé sur un événement « virtuel » ou « réel », existe bien en tout état de cause…

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